| Chers Amis,
Il y a déjà plusieurs étés que Sanxing fait parti de notre équipe. Les années passant, je recherchais une personne susceptible de prendre le relais pour accompagner nos visiteurs dans les excursions les plus sportives. Sanxing me fut présenté par un voisin. Son sourire et son désir de découvrir le monde à travers la diversité des personnes qui passent à la maison, m’ont tout d’abord convaincu de tenter l’expérience. Ce n’est que quelques semaines plus tard que j’ai compris combien ce garçon étonnant allait apporter à nos visiteurs. Il est né dans un petit hameau perché dans la montagne qui domine le village. Alors accessible qu’à pied, l’école était à une heure de marche. Tout en observant la nature particulièrement luxuriante de la région, il parcourrait matin et soir ce chemin qui traversait rizières en eau, théiers et torrents. Aujourd’hui il connaît les environs par coeur. Et c’est toujours avec un regard malicieux qu’il fouille dans les buissons à la recherche de baies sauvages ou d’une orchidée. |
Fang Sanxing- octobre 2012 |
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Car Sanxing, en grandissant, n’est devenu ni paysan, ni menuisier, ni braconnier, ni commerçant, ni même guide, il a choisi de tout faire à la fois… Il possède donc quelques parcelles de théiers parmi les mieux exposées du village. Cela lui a valu d’en vendre une quantité non négligeable au Palais des Thés qui le proposait à prix d’or dans ses boutiques de France. Il entretient également une pépinière d’orchidées sauvages qu’il approvisionne de ses trouvailles en montagne et qu’il revend aux nombreux collectionneurs chinois. Sans oublier la chasse à la grenouille qui l’occupe beaucoup les nuits d’été et bien évidemment les balades accompagnées de la maison qui le ramènent sur les chemins de son enfance.
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Un osmanthe dans le village, arbre vénéré en Chine pour la délicatesse du parfum de ses fleurs – juillet 2012 |
Si la pluie se met à tomber, il se précipite avec ses protégés dans la maison d’un paysan voisin qui ne manquera pas d’offrir un thé chaud et quelques graines de tournesols pleine de réconfort. Si le soleil tape trop, c’est une pastèque gardée au frais dans le ruisseau qui épanchera la soif des marcheurs. Sanxing connaît tout et tout le monde ici ! Il nous entraine donc souvent dans des improvisations sympathiques, riches en expériences nouvelles et authentiques. Ce qui réserve d’ailleurs parfois des sensations fortes… Si vous croisez un serpent sur la bas côté du chemin, rien ne dit que Sanxing ne lui sautera pas dessus pour en faire son repas du soir… que vous ne serez pas contraints de partager avec lui bien évidemment. L’été fut chaud à Chawu, rythmé par les excursions matinales, les baignades dans le bassin et les apéros pris sous le parasol. Jamais la bibliothèque n’est autant sollicitée que pendant cette saison ; pour une lecture savante à l’ombre des châtaigners ou plus légère juste avant les siestes, très prisées, de l’après déjeuner. Puis doucement les soirées se sont faites plus fraîches, les cigales se sont tues et les fleurs d’osmanthe ont embaumé le jardin. Un automne précoce qui autorise la douceur des feux de cheminée et la dégustation revigorante d’une tasse de thé dans laquelle s’épanouissent quelques feuilles de Maofeng. Julien |
Lettre d’information – été 2012
août 20th, 2012 / Tags:anhui , braconnage , chine , guide , paysan chinois , sanxing / categories: Chawu /Lettre d’information – printemps 2012
mai 20th, 2012 / / categories: Vie paysanne /| Chers Amis,
Quand les élèves du club de calligraphie de Toulouse ont emmené leur professeur en voyage en Chine, nous étions très fiers de les recevoir. Madame Lao a quitté son pays il y a une trentaine d’années pour s’installer en France. Elle remettait pour la première fois les pieds en Chine, faisant face aux changements extraordinaires que ce pays a vécu en si peu de temps. Arrivée à la maison ses premiers mots furent « mais que c’est loin ! ». Un peu anxieuse par ce si grand voyage, il lui fallut plusieurs heures avant d’apprivoiser l’endroit. Il y eu tout d’abord sa rencontre avec M. Zha le fabriquant de pinceaux. Puis, cette grande marche jusqu’à ce temple où vit seule notre amie la nonne. La rencontre de ces deux femmes fut un moment bien particulier. Cette nonne a eu une histoire assez originale également. Elle fut mariée, elle a eu une vie de chinois moyen semblable à tant d’autres. Mais un jour elle décida de couper ses liens avec la société et, guidée par la foi, de reconstruire un temple disparu à mi hauteur d’une magnifique montagne. Toutes deux ont donc eu des destins à l’écart de la vie moderne de ce pays, elles ont en quelque sort un jour choisi de quitter la Chine, mais chacune à sa manière. |
![]() Le paquet est arrivé ! – août 2012 |
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Leur entente était sincère, leur proximité finalement bien logique. Et en bonnes copines, Madame Lao promit à cette nonne de lui peindre des portraits de personnages importants du bouddhisme. On prit soigneusement des photos d’images pieuses qu’elle nous présenta, puis de retour à Toulouse Madame Lao se mit au travail. Je reçus quelques mois plus tard à Nanjing, un colis contenant les fameux portraits qu’il me fallut alors porter à la nonne. 12 km de vélo, plus d’une centaine de marches à gravir, et une grotte traversée plus tard, me voilà face à elle, toute heureuse que lui parvienne ce cadeau bien particulier. Vous trouverez plus de photos de cette histoire sur notre page Facebook. |
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Hong Gong Ci, un temple des ancêtres réhabilité grâce |
Il y a quelques années, des architectes chinois et français de la prestigieuse université de Tongji et de la tout aussi prestigieuse école de Chaillot, prirent la décision de se pencher sur un très ancien Temple des Ancêtres du village tombant en ruines : Hong Gong Ci. Leur travail formidable fut alors exposé à Paris, Shanghai, Nanjing, mais aussi au village bien-sûr. Il fallut néanmoins attendre 2012 pour que la restauration complète du bâtiment se termine. Le résultat est tout à fait étonnant. Une belle restauration qui sera sans aucun doute une nouvelle fierté pour la population locale ! Merci à Françoise Ged, Daniel Duché, Shao Yong, Benjamin Mouton, Mireille Grubert, Zhou Jian, Alain Marinos, mais aussi Antoine, Emilie, Véronique et tous les architectes sans qui ce beau projet n’aurait jamais vu le jour ! Julien |


